HENRI RIVIÈRE  (1864-1951)

Henri Rivière est considéré comme le plus grand graveur de la fin du XIXe siècle. Natif de Paris, ami de Paul Signac et d’Edgar Degas, il fréquenta le milieu artistique montmartrois et devint directeur artistique du célèbre cabaret du Chat noir dans les années 1880 et 1890, concevant toutes sortes de décors ingénieux. Il rénova l’art de la gravure grâce à sa maîtrise des processus techniques et son assimilation des principes du japonisme.

 

Découvrant la Bretagne en 1885, où il croise Renoir, Rivière y passe la moitié de son temps chaque année, arpentant la Côte de Granit Rose et la côte finistérienne pour croquer les paysages marins, le travail des paysans, le labeur des pêcheurs. Il affectionne particulièrement Tréboul puis Morgat dans le Finistère et Loguivy, près de Paimpol, dans les Côtes-d’Armor, où il achète une maison baptisée « Landiris » en 1895.

Gravant d’abord sur bois, après des mois de labeur, Rivière parvient à reproduire en autodidacte la méthode des graveurs japonais afin d’obtenir des estampes en plusieurs couleurs. Cette découverte lui vaut la célébrité dans les années 1890 et les éloges de la critique. À partir de 1897, il abandonne la gravure sur bois pour la lithographie (impression à partir d’une matrice en pierre). 

En 1913, Eugène Verneau, son imprimeur de toujours, meurt. Après 1917, Rivière abandonne la lithographie, se consacrant à la technique de l’eau-forte et, surtout, à l’aquarelle, qu’il pratique depuis 1890. Il a exécuté plus de sept cents aquarelles au cours de sa vie, qu’il peignait devant le motif lors de ses sorties quotidiennes pour explorer la nature : exposées une seule fois de son vivant, en 1921, Rivière les a gardées dans son atelier jusqu’à sa mort. 

Après 1916, la santé de sa femme déclinant, Rivière ne fréquente plus la Bretagne mais s’installe en Provence, au climat plus doux, où il passe les mois d’hiver. Devenu aveugle en 1943, il écrit ses mémoires, publiées en 2004 sous le titre Les détours du chemin. Il meurt entouré de ses amis en 1951, à Sucy-en-Brie. 

Également scénographe, photographe, poète et collectionneur d’art asiatique, Rivière possédait de nombreuses estampes des grands graveurs japonais, Hokusai et Hiroshige, qu’il admirait. La plus grande partie l’œuvre de Rivière est aujourd’hui conservée à la Bibliothèque Nationale de France suite à une dation en 2006.